Publié le dimanche 7 juin 2009

L’anthropologie appliquée

07 06 2009

 

L’anthropologie ne sert pas uniquement à étudier le comportement individuel et collectif dans les anciennes sociétés. Elle a des applications réelles et concrètes, hic et nunc (ici et maintenant). "Julie Delalande, anthropologue, nous raconte et analyse ce qui se passe dans une cour d’école. Ce lieu, constitué de coins et de cachettes, est l’un des premiers cadres d’apprentissage de la vie en société." Malheureusement, certains jeunes déviants acquièrent une grande influence sur certains autres enfants que l’on dit "suiveux". C’est donc très tôt que les comportements délinquants se forment et trouvent leurs origines. Certains diront qu’il y a toujours la famille qui permet une socialisation des enfants et des jeunes en général. Mais il semblerait que le rôle de la famille a évolué :

"Le rapport des familles à l’institution éducative a considérablement changé." "La famille-institution classique telle qu’elle subsiste encore de manière quasiment résiduelle dans nos sociétés, en tant que rouage de l’ordre social," première cellule de la société", prenait très au sérieux cette mission. Elle avait une vocation éducative dans un sens fondamental. Il s’agissait d’apprendre aux enfants l’existence en société. C’est quelque chose qui va très loin et qui ne se réduit pas aux règles élémentaires de coexistence avec ses semblables : cela consiste à se penser comme quelqu’un qui a une place dans la société avec un rôle à jouer et des devoirs y afférant.

La famille "désinstitutionnalisée" d’aujourd’hui, réduite à sa sphère privée, ne comprend même plus ce que cette tâche voulait dire. Les gens ne sont pas fous et mesurent très bien qu’il faut que leur enfant l’acquière, mais ils pensent que c’est à l’école et non à eux de le faire." (Marcel Gauchet)

Mais l’éducation au sein des familles a-t-elle vraiment changée? Il semblerait que oui. Il ne faut pas généraliser, mais autrefois, les classes populaires étaient très peu permissives, et mentionnaient à l’enfant que la vie était difficile. Par contre, les bourgeois étaient plus permissifs et moins sévères. Alors qu’aujourd’hui les bourgeois veulent contrôler l’écoute de la télévision par leurs enfants, ce n’est plus le cas des classes populaires ou des immigrants qui acceptent que leurs enfants passent beaucoup de temps devant le téléviseur, au détriment des travaux scolaires.

Finalement, quel est le véritable problème avec la transmission des savoirs et l’éducation?

"La famille, la tradition et l’autorité : le délitement de ces vecteurs essentiels de la transmission sociale et de la reproduction de la société seraient au principe d’une sorte d’impossibilité d’éduquer les jeunes générations."





2 Commentaires :

Commentaire écrit le mercredi 1 juillet 2009 à 18:03:50 (lien)

Je ne voulais pas accuser les parents en disant qu'ils ne transmettent plus l'autorité et la tradition, mais simplement constater qu'il faille admettre que le récit sur le passé national ou mondial n'est plus transmis véritablement, encore moins dans les écoles secondaires. En fait l'histoire, une des disciplines les plus difficiles à enseigner, pose problème. Je me souviens d'avoir eu un bon cours d'histoire du vingtième siècle. Pour l'histoire du Canada et du Québec, c'était si ennuyant que je comprends pourquoi les jeunes ne sont pas attirés par l'histoire nationale, et qu'il y a une forme d'amnésie. Finalement, il règne, aujourd'hui, une tyranie du présent.


Commentaire écrit le dimanche 7 juin 2009 à 21:51:16 (lien)
Inter-note
C'est généralement tout le domaine de l'être qui est désinvesti au profit (sans mauvais jeu de mots) de l'avoir.

Les parents se soucient autant de leur enfant, mais vont porter leurs efforts à lui procurer des choses matérielles (tels que des vêtements griffés, des articles de sports à la fine pointe de la technologie)parce que c'est ce que la société attend d'eux, plutôt que de lui transmettre des valeurs humaines qui n'ont de toutes façons pas tellement cours dans la société. La transmission des valeurs a toujours une fonction sociale utilitaire.

Personne ne s'intéresse vraiment à ce qui se passe dans la cour d'école en général, car ce qui s'y passe est la même chose que sur les lieux de travail.


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