De la lecture du livre Les dessous de la politique de l’Oncle Sam, de Chomsky, je retiens les propos suivants :
- Les secteurs de l’économie américaine qui sont capables de se défendre sur le plan international sont en premier lieu ceux qui recoivent des subsides de l’État : l’agriculture capitaliste intensive (l’agrobusiness), les industrie de technologie de pointe, l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie, etc. Ce système de subventions publiques et de profits privés porte un nom : la "libre entreprise".
- Pour redresser les économies de l’Europe dévastées par la guerre, avec le plan Marshall, ces dernières reçurent plus de 12 milliards de dollars en prêts et allocations, sommes qui servirent à acheter un tiers des exportations américaines vers l’Europe durant l’année de pointe, 1949.
- Les Etats-Unis ne sont disposés à tolérer les réformes sociales que lorsque les droits des travailleurs ont été supprimés et qu’un climat favorable aux investisseurs étrangers a été maintenu.
- Nous nous sommes fermement opposés à la démocratie chaque fois que nous n’avons pas été sûrs de pouvoir en contrôler les conséquences. Le problème des vraies démocraties est qu’elles sont suceptibles de tomber dans cette hérésie selon laquelle les gouvernements devraient répondre aux besoins de leur propre population, au lieu de favoriser prioritairement les intérêts des investisseurs américains.
- Penez la libre entreprise. C’est un terme qui, dans la pratique, désigne un système de subventions publiques et de profits privés, avec un intervention massive du gouvernement dans l’économie pour maintenir l’État providence pour les riches.
- Ces secteurs (mass médias, divertissement) du système doctrinal servent à distraire la masse des prolétaires et à consolider les valeurs sociales de base : la passivité, la soumission à l’autorité, la sacro-sainte vertu de l’avidité et du gain personnel, le manque d’intérêt pour autrui, la crainte d’ennemis réels ou imaginaires, etc.
- Penez le terme de conservateur, qui en est venu à désigner les défenseurs d’un État fort intervenant massivement dans l’économie et dans la vie sociale. Ceux-ci préconisent d’énormes dépenses publiques et un sommet jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale de mesures protectionnistes et d’assurance contre les risques du marché; ils sont partisans de la restriction des libertés individuelles par toute une législation et un lourd appareil judiciaire; ils veulent protéger l’État sacro-saint de tout contrôle indu de la part des citoyens que ces affaires ne concernent pas.
- On peut discuter du terme de socialisme, mais s’il veut dire quelque chose, c’est le contrôle de la production par les travailleurs eux-mêmes, pas par les propriétaires ou par les directeurs qui les mènent et contrôle toutes les décisions, que ce soit dans les entreprises capitalistes ou dans l’État totalitaire. Parler de l’Union soviétique comme d’un État socialiste est un cas intéressant de langage doctrinal à double sens. Le coup d’État bolchévique d’octobre 1917 plaça le pouvoir étatique dans les mains de Lénine et de Trotsky, qui s’empressèrent de démanteler les institutions socialistes naissantes qui s’étaient développées durant la révolution populaire des mois précédents – les conseils de travailleurs, les Soviets, en fait tout organe sous contrôle populaire- et de convertir la force de travail en ce qu’ils appelèrent une armée du travail placé sous le commandement du chef.
Publié par : Tory
à 18:51:30
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