Publié le dimanche 16 novembre 2008

Le sens de la vie

16 11 2008

 

La question du sens de la vie est sinon une des plus importante, du moins comme elle nous intéresse tout autant que nous sommes, on est en droit d’affirmer qu’elle est la réflexion par excellence. Parti de l’ouvrage de Adler, La connaissance de l’homme, on doit compléter et terminer ses observations par son testament, Le sens de la vie. Bien qu’un peu décevant, ce texte nous offre des pistes pour méditer et comprendre ce sur quoi doit s’appuyer l’homme pour espérer être heureux. Comme d’habitude, mon interprétation de cet ouvrage sera très libre. Aussi j’y mettrai quelques observations personnelles.

Pour commencer, posons-nous la question suivante : y a-t-il un sens à la vie? Pour pouvoir y répondre, il faut nuancer quelque peu. Comme certains l’ont mentionné, il se pourrait que la vie soit absurde. Car si on cherche des raisons ou une seule raison qui explique le phénomène de la vie humaine, nous sommes obligés d’avouer, qu’hormis le discours de la religion et certaines philosophies, la vie n’a pas de véritable finalité rationnelle. Il existe certes des règles comme l’instinct de reproduction et la sélection des caractères les mieux adaptés à la vie terrestre, mais cela ne nous fournit aucun appui pour déterminer la finalité entendue comme sens. Il nous faut donc introduire une distinction précieuse. Si il y a un sens, il se pourrait qu’il se divise en sens personnel et en sens collectif, social.

Commençons par le sens personnel ou plutôt expérienciel. Qu’est-ce qui dans la vie d’un homme procure une sensation, une expérience vécue, assez forte pour devenir signifiante de plénitude? Contrairement à ce que pourraient prétendre certains philosophes, ce n’est pas une manifestation de raison, mais c’est plutôt des épisodes de sensations qui permettent une forme de réconciliation avec le monde, notre vie et nos attentes ou nos espérances. Cette sensation, cette expérience fondamentale est évidemment la joie. On se trompe souvent lorsque l’on dit que l’on n’est pas heureux. Il faudrait peut-être, sans doute, s’avouer que nous sommes en faite que trop peu souvent joyeux. Lorsque nous employons l’expression la recherche du bonheur, c’est pour caractériser un ensemble d’états dans lesquels nous ne sommes pas inquiets, préoccupés et contrariés. Et il y a deux moments ou phénomènes où cela se produit : la douce tranquillité de l’esprit et la joie. S’il existe un sens à la vie, c’est donc dans le fait qu’il faut espérer être le plus souvent et le plus longtemps possible sous l’emprise de la joie. Voilà en quelque sorte pour le sens personnel de la vie. Il faut maintenant trouver un point de liaison qui nous attache à la collectivité.

Ici ce sera Adler qui va nous aider à comprendre. De manière assez expéditive, il nous propose trois dimensions pour répondre à la question. C’est la société, la profession et l’amour. Recommençons dès le début. Tout enfant est confronté à son sentiment de faiblesse et d’infériorité. Petit nous ne pouvons pas tout ce que peut l’adulte. Il y aura donc frustration dans un premier temps. Mais au fil de l’apprentissage et de l’âge, l’enfant prendra normalement de l’assurance et de la satisfaction de pouvoir réaliser des choses qui lui étaient impossibles hier. Il devra donc quitter son sentiment d’infériorité à condition qu’il se débarrasse du phantasme de toute puissance. On connaît l’attrait qu’exerce les super héros sur la vie infantile. D’une part il comprendra qu’il ne peut pas tout ce qu’il désire, et d'autre part qu’il existe une vie commune, à laquelle il doit se conformer : le respect, le partage, les devoirs et les obligations. Bref le fameux principe de réalité chez Freud. Une fois tout ceci intégré il pourra concevoir qu’il est une personne unique et qui à de la valeur. Si ce n’est pas le cas, il continuera à nourrir son sentiment d’infériorité qui se surcompensera probablement par un complexe de supériorité : il voudra écraser les autres. Dans le cas où tout a bien fonctionné, qu’elles seront les paramètres qui renforceront son sentiment de valeur, la bonne estime de soi? Ce sera la réalisation des trois dimensions déjà formulées. -La société : il nous faut manifester de l’empathie, de la sympathie, de l’entraide, de l’écoute, de la solidarité, autrement dit de l’assistance. Adler va jusqu’à parler de sentiment de communion avec l’espèce humaine. -La profession : étant donné la division du travail, notre rôle est d’accomplir des tâches qui profiteront à la société, qui l’enrichiront. Il faut donc tenter de s’épanouir tout en travaillant pour donner un sens à notre vie active. -L’amour : le véritable amour entre deux êtres se manifeste avec de la camaraderie pour dédramatiser et dépassionner la relation.

Ainsi, comme il a été mentionné, dès l’introduction, il y a deux façons de traiter la question du sens de la vie. La première, personnelle, est une série d’expérience vécue sous la forme de la joie. La seconde, collective, est le sentiment d’avoir de la valeur personellement et au sein de la société, en manifestant notre union sous forme de communion, en trouvant notre vocation dans le travail et en vivant l’amour serein.