21 09 2008
L’Angleterre, un modèle ?
" La mondialisation à la mode libérale est la mise en coupe réglée du bien public, mobilier et immobilier, le saccage des caisses de Sécurité sociale et l'anéantissement du droit du travail. Ce que l'on conte comme un progrès est une régression de deux siècles. Que les Anglais aient les patrons les mieux payés du monde, peu de chômeurs et beaucoup de pauvres, un analphabétisme, des suicides et une morbidité en plein boom mais aussi le meilleur cinéma social du moment.
Pauvres Anglais inventeurs de l'Etat-providence qui ont voulu se mettre en compétition avec les dragons, et qui ont réussi : ils sont tombés à leur niveau ; l'ouvrier anglais gagne deux fois moins que le français et il est autant au chômage.
Aujourd'hui, selon l'Unicef, quel est le pays d'Europe où le travail des enfants est le plus développé ? La Grande-Bretagne, pardi !
L'Angleterre a les patrons les mieux payés du monde (une fois et demie les rémunérations françaises), les ouvriers les plus mal payés (deux fois moins qu'en France), les services publics les plus catastrophiques, l'aspect d'un ex-pays de l'Est, un accès à la santé désormais dérisoire et une mortalité en croissance vertigineuse, un alcoolisme effrayant, mais... mais..., un taux de chômage inférieur au taux de chômage français : 6,5% contre 12,5%. Six points d'écart. Ca vaut le coup, non ?
Même pas. Personne n'ose plus nier que cette différence s'explique par une démographie différente dans les deux pays ; que l'Angleterre est le pays d'Europe ayant créé le moins d'emplois ces dix dernières années, moins que la France, que l'Allemagne, que l'Italie et même que l'Espagne, au taux record de 20 %; que les chômeurs anglais disparaissent parce qu'ils sont devenus des pauvres (Le nombre de pauvres est passé de 5 à 13,7 millions entre 1979 et aujourd'hui), qui n'ont même plus le courage d'aller s'inscrire à des agences d'emploi qui ne leur donneront rien.
Les Anglais ont changé la façon de comptabiliser le chômage trente fois en vingt ans. Espérons qu'on trouvera un moyen de truquer les statistiques du suicide, qui explosent outre-Manche. Mais comme le suicide concerne (encore aujourd'hui) les vieux, ça fera autant d'économies pour la Sécu. D'ailleurs, ce sont les faibles qui se suicident. C'est bon pour le darwinisme économique."
Ah Dieu ! que la guerre économique est jolie ! par Philippe Labarde et Bernard Maris
Publié par : Tory à 14:18:59Permalien
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