Publié le vendredi 18 juillet 2008
Schizophrénie
Barack Obama a fait naître un espoir certain dans une partie de la population américaine par ses discours idéalistes et empreints de sensibilité et d’empathie. Il se dit préoccuper par la situation des ouvriers et des chômeurs ou de ceux qui ressentent la précarité au sein de leur entreprise et qui ont de la difficulté avec la compétitivité internationale. Il est très conscient que la globalisation actuelle met en compétition les salariés américains avec des concurrents à bas salaire. Il croit ainsi qu’il devrait y avoir une certaine intervention de l’État sur ses questions précises. Il est très conscient que depuis ces dix dernières années les grandes et petites entreprises ont réalisé des gains de productivité sans vraiment que soit partagée la formation de cette richesse avec les travailleurs. Mais d’un autre côté il semble être réceptif envers le point de vu des détenteurs du capital : réduire les impôts des corporations pour que ces soi-disant réductions soient affectées vers des investissements créateurs d’emploi, alors que nous savons très bien ou ira l’argent. Elle ira en rémunération des dirigeants et en versement de dividendes. Ou encore elle servira à délocaliser les tâches autrefois imparties sur le territoire des Etats-Unis.
Obama est donc en faveur de la redistribution de la richesse, mais d’un autre côté il ne veut pas aller la chercher là ou elle se trouve : chez les hyper riches et chez les détenteurs d’action, entre les mains des grandes corporations ou au sein des marchés financiers. Selon son auditoire, il prononce ces deux types de discours. Mais il est fort à parier que le moment venu il saura choisir son camp. Celui de l’accumulation du capital. C’est à un candidat schizophrénique qu’on affaire les électeurs.
Ceux chez qui il a suscité l’enthousiasme et l’espoir risquent d’être déçus.
par Tory | le 2008-07-18 15:00:30 | PERMALIEN
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