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Publié le dimanche 12 novembre 2006

Dimanche 12 novembre 2006

L’éthique

 

Certaines sciences ou certaines doctrines méritent une attention toute spéciale, parce qu’elles s’adressent en priorité à notre humanité.   Elles nous aident à connaître ce qui importe dans la conduite humaine et ce qui concerne notre destinée. Pour cette raison précise, l’éthique peut être considérée, à juste titre, comme étant la reine des disciplines. Bien qu’elles doivent puiser aux données de la psychologie, elle surpasse celle-ci du fait que ses règles doivent être constamment actualisables et mises en pratique concrètement. S’il est utile de bien comprendre les besoins psychiques que nous manifestons, il est, par contre, fondamental de saisir de quelle manière il nous faut agir en telles circonstances précises.

 

Il existe, par ailleurs, une problématique propre à l’éthique. C’est l’extraordinaire complexité de ses aboutissements contemporains, si l’on considère le fait que l’agir collectif, ce que l’on nomme la politique, vient toujours s’immiscer  en travers des fondements de l’agir personnelle. « Le but de l’éthique étant de faire une théorie systématique de ce que nous tenons ordinairement pour une conduite raisonnable, que cette conduite soit considérée comme juste en elle-même ou comme un moyen adéquat en vue d’une fin elle-même raisonnable », il nous faut garder à l’esprit que de sujet du roi nous sommes devenus citoyens au moment de la Déclaration des droits de l’homme, et qu’à partir de ce moment l’individu devint responsable de ses agissements face à la collectivité selon qu’ils furent raisonnables ou non. Le règne de l’individu débuta et engendra un monde de complexité effarant. Une rupture s’instaura d’avec le passé. L’héritage et les coutumes ancestrales perdirent de leur force et de leur influence, pour ne pas dire toute leur signification.

 

La coupure anthropologique de la modernité face à l’antiquité réside dans l’émergence d’un sujet apte à choisir raisonnablement ce que sera sa propre vie selon une échelle de valeurs qui peut être constamment réévaluée. Ce fut une révolution puisqu’à partir de ce moment l’individu, devenu une personne sous l’impulsion du christianisme, pouvait enfin bénéficier de sa conscience personnelle pour évaluer les conditions qui établissaient les critères du bien et du mal, du juste et de l’injuste, du permis et du défendu, de l’acceptable et du répréhensible.

 

Il en résulta un phénomène étrange et maladif. Si le Moyen Âge fit apparaître l’angoisse face au créateur, la modernité engendra l’anxiété du sujet qui se questionne incessamment sur ses agissements et sur sa situation face à la collectivité.

 

Pour cette raison l’éthique devint, au vingtième siècle, une discipline analytique importante, qui permit de comprendre les fondements anthropologiques actuels.

 

 

 

 

par Tory | le 2006-11-12 17:44:56 | PERMALIEN
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